Réconciliation

La réconciliation est sans doute une des caractéristiques fondamentales des chrétiens. Se réconcilier est en effet à la fois un commandement et un mouvement qui doit venir du cœur. Cette "libre contrainte" n’est vivable que si elle est comprise comme une manière d’entrer dans un mouvement d’amour qui nous dépasse car il vient de Dieu même. C’est pourquoi la réconciliation fait l’objet d’un sacrement, c’est à dire d’un don particulier de Dieu


Les  3 conseils pour bien se confesser ...

(Cardinal Martini : extrait du Livre " et Moi, Je Suis avec Vous")

Remercier Dieu pour tout ce qui est bon dans ma vie

À mon avis, ce dialogue comporte essentiellement deux parties : la première, que j'appelle «confessio laudis», c'est-à-dire confession d'après le sens primitif du terme. Là aussi, on peut partir d'un paradoxe : s'il est chaque fois pénible et si difficile de dire mes péchés, pourquoi ne pas commencer par les bonnes actions ?
 
Saint Ignace lui-même le suggérait dans les Exercices, prenant comme premier point l'action de grâce : Seigneur, je veux d'abord te remercier parce que tu m'as aidé, telle chose a eu lieu, j'ai pu me rapprocher de telle personne, je me sens plus serein, j'ai dépassé un moment difficile, j'ai pu mieux prier. Remercier Dieu de ce que je suis, de son don, sous forme de dialogue, de prière de louange ; reconnaître ce qui maintenant, devant Dieu, me donne de la joie : je suis content de telle ou telle chose, passée ou présente. Il est important que ces choses émergent devant le Seigneur : la reconnaissance de sa bonté pour nous, de sa puissance, de sa miséricorde.


Dire ce qui me met mal à l'aise

Cela fait, on peut passer à une «confessio vitae» que je définirais comme ceci : plus qu'une recherche et une énumération de péchés formels, c'est dire devant Dieu ce qui maintenant me met mal à l'aise, ce que je voudrais faire disparaître. Souvent, ce sont des attitudes, des façons d'être, plus que des péchés formels, mais au fond, les causes sont les douze attitudes que répertorie saint Marc : orgueil, envie, cupidité… qui émergent dans ces états d'âme.
 
Ou bien, je dirai devant Dieu : je regrette de ne pas pouvoir parler sincèrement avec telle personne, mon rapport n'est pas authentique avec tel groupe, je ne sais pas par où commencer. Je regrette de ne pas réussir à prier, je me sens mal à l'aise d'être pris par ma sensualité, par des désirs que je ne voudrais pas avoir, des fantasmes qui me troublent. Je ne m'accuse peut-être d'aucun péché en particulier, mais je me mets devant le Seigneur et lui demande qu'il me guérisse.
 
Il ne s'agit vraiment pas de mettre sur la table trois ou quatre péchés, pour qu'ils soient annulés, mais d'une immersion baptismale dans la puissance de l'Esprit : Seigneur, purifie-moi, éclaire-moi, illumine-moi. Je ne demande pas seulement, dans cette confession, que soit annulé tel ou tel péché, mais que mon cœur soit changé, qu'il y ait en moi moins de lourdeur, moins de tristesse, moins de scepticisme, moins d'orgueil. Je ne sais peut-être même pas par où commencer, mais je mets tout cela dans la puissance du Crucifié et du Ressuscité par la puissance de l'Église.


Une prière qui donne joie et paix

De là naît une prière qui peut être faite avec le prêtre : on peut réciter un Psaume, une prière de la Bible, de remerciement ou de demande, ou même, une prière spontanée sur laquelle une absolution sacramentelle vient comme la manifestation de la puissance de Dieu que je demande parce que je ne suis pas capable de m'améliorer tout seul. Je me remets une fois encore sous la Croix, sous cette puissance qui m'a baptisé pour qu'une fois encore elle me reprenne en main.
 
Voilà ce que j'entends par dialogue pénitentiel ; ce n'est pas simplement un dialogue psychologique, ou une sorte de thérapie. 
 
Il n'est pas nécessaire que le confesseur me révèle les sources secrètes de mes fautes ; cela pourrait aussi avoir lieu avec un spécialiste du coeur humain, mais même si le confesseur est une personne qui ne sait pas grand chose du coeur humain, il peut toujours prier pour moi, sur moi et avec moi.
 
Il s'agit de se soumettre à la puissance de l'Église, et donc de retrouver la valeur du sacrement : je vais me confesser non pour sentir des choses intéressantes, ou pour voir quel conseil on me donne, mais parce que c'est moi qui dois me soumettre à la puissance de Dieu et cela me suffit, me donne joie et paix.
 
C'est donc, avec de nombreuses variantes possibles, une suggestion que je souhaitais vous donner. Il est clair que, de cette façon, la confession peut durer longtemps, mais on l'affronte plus volontiers car l'on voit ce qu'elle signifie dans son chemin vers Dieu. À chacun d'entre vous, le Seigneur aura probablement suggéré d'autres formes qui pourront aussi être communiquées utilement en tant qu'expériences, car elles pourront en aider d'autres.